La première guitare Feloks

Salut à tous ! Aujourd’hui je vais vous parler de mon tout premier projet. Cela remonte à environs 3 ans, à l’époque où je travaillais encore en tant que menuisier dans une boite d’ameublement sur Carquefou. C’est dans cette entreprise que j’ai été formé à la commande numérique. Je vous avoue que l’essentiel de ma tache consistait à usiner des panneaux de contreplaqué en utilisant des programmes préconçus par le bureau d’étude. Néanmoins, le fait de voir toutes les possibilitées offertes par cette machine m’a poussé à approfondir mes connaissances et j’ai donc commencé à ecrire des programmes de mon coté. Je vous laisse deviner quelle était la finalité de cette démarche. Cela m’a pris pas mal de temps, et j’ai pas mal galéré pour concevoir les programmes de ma première guitare, passant de nombreuses nuit à taper des lignes de codes incompréhensibles et de nombreuses fins de journée au taff pour les tester. il faut dire que j’avais vu les choses en grand.. surment trop d’aillieur car entre le moment ou je me suis lancé à ecrire mes programmes, et le moment ou ils furent tous finis, il s’est écoulé facilement une année.. Vous savez, il faut d’abord prendre les cotes, dessiner un plan informatique à l’echelle, réflechir aux profondeurs de passes, aux diametrex des mèches, respecter les contraintes amenées par l’acastillage, ecrire les programmes, faire des tests d’usinage, réecrire le programme après avoir passé la semaine à essayer de comprendre pourquoi ce foutu usinage ne correspondait pas à mes plans.., puis re-tester… Bref il faut de la volontée, et surtout beaucoup de patience. Je suis persuadé que j’aurais mis bien moins de temp à fabriquer la guitare en travaillant avec un simple coupe ongle.. Bref, ceci étant dis, parlons de la guitare ! « Ovation ultra GP ». Je ne sais pas si ce nom parlera à certains d’entre vous mais c’est une guitare fabriquée dans les années 83/84 et dont on dit qu’il n’y aurais eu que très peu d’exemplaires (genre 250). Perso, je trouve qu’elle à un look d’enfer avec ses proportions semblable à une les paul à laquelle on aurait rajouté un « cutaway » .   J’ai préféré partir d’un model existant plutot que de commencer par un truc perso. Et la vous me dites : « mais pourquoi ne pas commencer par une strat, ou une télé, ou.. un truc plus simple quoi ! », et ben je sais pas trop, surement la volonté de faire un truc qui « envoi grave » dès le début en oubliant que l’apprentissage se fait par étapes.. les yeux plus gros que le ventre.. Partir d’un model existant avait aussi pour interet de me permetre de prendre une photo bien de face, de la mettre à l’echelle dans mon logiciel de dessin technique, et ainsi d’obtenir toutes les cotes de détourage dans les bonnes proportions. Concernant les bois utilisés, la encore j’ai pu profiter de mon taff de menuisier. En effet, bien que durant la periode où j’y etais, l’entreprise se concentrait surtout la fabrication en contreplaqué stratifié, cette dernière avais par le passé (quelque chose comme 10 ans auparavant) produit des tables en érable et wengué. Quelle aubaine !!, car j’ai pu me permettre de débiter dans ces vieux plateaux qui n’attendaient que moi ! Je savais que l’erable etait très utilisé en lutherie, mais en revanche je n’avais entendu parler du wengué que pour la fabrication des touches. Séduit par la couleur et le veinage de ce dernier, je me suis donc décidé à lui faire la part-belle sur mon projet, et ainsi j’ai choisi de réaliser le manche, la touche et la table en wengué, tout en concervant l’érable pour le corps. Une fois le bois débité et les parties collées, place à l’usinage !   Un dernier petit test avant de se lancer : Et  Et c’est partis pour les sueures froides 😉 ! Il faut savoir que la différence est grande entre le fait d’usiner du medium et usiner du massif, qui plus est du wengué (densité, fibre du bois fragiles…). Cependant, après avoir pris tout les précautions, le résultat fut très satisfaisant… Ouf..   Il faut admetre qu’a cette étape, le gros du travail était fait. Vous remarquerez peut-etre que contrairement à mes plan, la tête est de style « cuillère » plutot que renversée. Ce choix ne fut motivé que par un souci de facilité d’usinage, je confesse. Si je devais recommencer, d’une part je modifierais la forme de la tete qui ne me plait plus vraiment, et de plus j’opterais surement pour des percages « 6 en ligne » qui correspondent plus à une tete de type « cuillère »(si vous avez une meillieur façon de le dire je suis preneur ^^). Concernant le galbe du corps, j’avais repris le concept de la défonce en escalier que j’avais vu sur plusieurs projets à droite à gauche. En fait chaques « marche » guide le poncage de façon à obtenir un galbe au rendu uniforme. Encore une fois, aujourd’hui je pense que je ferais les choses d’une manière un peu différente, peut-etre en ponçant moins de façon à garder le trait des « marches ». Ca aurait de la gueule, et de plus cela pourais faire office de signature ! Une des étapes sur laquelle je fut embété à été le passage des cordes traversantes. En effet malgrès la précision de la commande numérique, lors du percage la meche de 4 mm a pas mal déviée. J’ai donc choisi de collé sur l’arrière une piece de bois type chevalet de folk afin de masquer tout cela. Le chevalet de type tunomatic à quand à lui été encastré dans la table de manière à ne pas avoir à faire d’angle de renversement sur le manche. Le galbe du manche a été réalisé à la rape, lime, et papier de verre. L’ayant fait « à l’oeil », et par peur de ne pas laisser assez de matière sous le trussrod, ce manche est relativement epais, faisant plus penser à un manche de folk. moi cela ne me dérange pas mais ce n’est pas au gout de tout le monde. le slotage de la touche à quand à lui été realisé en utilisant une calle de bois à la bonne dimmension qui me servait d’une part à respecter l’equerage de mes traits de scie, puis de butée de profondeur. Par la suite j’ai fretté à l’aide d’un marteau et d’une cale, un peu à la barbare je l’avous bien que le résultat ne fut pas si mal. La planif mérite encore aujourd’hui d’etre retouchée.. Au niveau des micros je recherchais de la polyvalence et j’avais opté pour des Seymour P-rail qui se veulent etre des micros pouvant faire office de simple, de P-90 ou de double en fonction des divers splitt. Le soucis c’est qu’à vouloir tout faire, il ne fait rien vraiment bien. Mais il reste tout meme un bon micro, meilleur que beaucoup de seymour que j’ai pu entendre. Le vernis à été fait au pistolet en cabine. (je passe volontairement les vis du manche et la plaque de l’electronique, 3 ans que je dois m’en occuper…pas sérieux !) Voila je vous ai à peu près tout dis. Je vous laisse avec des photos du résultat final. Bye.  

7 commentaires

  • Bravo ! La guitare a un look d’enfer, en plus moi aussi je préfère le look de l’Ovation à celui des Fender. En plus, avec les photos, c’est presque un mini tutoriel et on rêve presque de vouloir faire pareil… 😉 Mais j’imagine la somme de travail et de patience qu’il y a derrière. Je n’ai pas trouvé de mp3 pour entendre comment elle sonne, c’est moi qui suis manche (de guitare) ou bien il n’y en a pas encore ?

  • Ouaaah, les galbes ! sublimes. Moi, j’en suis toujours aux « pelles à tarte », strat et telecaster. Je pense que la commande numérique doit bien aider, non? Déjà que je fais mes assemblages de manches, mes logements de trussrods à la main (enfin, au ciseau) parce que je n’ai trouvé personne pour m’apprendre à utiliser ma défonceuse… et les contours à la scie sauteuse, je crève de jalousie.
    Pour le renversement du manche, j’ai déjà vu une Squier NEUVE avec un bout de plastique de 40X10X0.5, alors…
    En tout cas bravo !

  • Bonjour Féloks,
    Que dire… Je suis systématiquement impréssionné par les guitares conçues par des luthier amateurs. La votre est sincèrement très belle !
    Bravo pour cette réalisation, et bravo pour votre obstination (dans le bon sens du terme) payante, tant concernant la réalisation du programme, que pour la réalisation de votre guitare.
    Vivement le prochain modèle !
    PS : le chevalet posé au dos de la guitare (« cache misère ») pourrait-être une seconde signature. Je ne pense pas qu’il soit génant dans l’utilisation, et je trouve cela très flatteur pour les yeux.
    En fait, je suis admiratif…..

  • Bravo ! c’est impressionnant !

    Combien de temps cela prend-il de bout en bout pour fabriquer cette guitare ?
    Comment sonne-t-elle ? avez vous fait une démo vidéo ?

    Félicitations, elle est très belle !

    • Merci Ed !

      Difficile de dire le temps que cela à pris car je travaillais dessus à coups de demi heure après mes journées de taff.
      Pour le son, c’est subjectif, mais à moi elle me plait bien.. Il faut que je me penche sur les samples..

  • Bravo ! Du bon boulot , on voit tout de suite que la fabrication a du soin ! Ça donne envie d’essayer !
    Tu ne nous parle pas de ton sentiment sur le son . Je ne connais pas le Wenge , encore moins sur un corps en érable ( bois pas ou peu utilisé pour un corps solid body ).
    Je suis d’acccord pour le prail .

    Pour les marches , c’est une idée d’enfer . Peut – etre en mettre moins et d’une manière plus  » stylisée  » , car est-ce que l’avant bras droit ne sera pas gêné à la longue ?

    Il ne te reste plus qu’a nous faire des samples !

    Bravo encore , pour un coup d’essai , ça le fait bien !

    J-Luc

    • Merci Jean-Luc.
      Concernant le son, il est difficile d’en parler. Il aurais fallut que je la test avec des micro « référence » pour bien juger, au connaitre les P-rails dans une autre config.
      Cependant j’ai finis il n’y a pas longtemp un double projet, 2 guitares quasi identiques sauf dans le choix des bois, et ce qui en ressort est que le wengué apporte une sonorité proche de l’acajou, mais avec moins de rondeur je dirais.. Je ne pense pas que ce soit un bois très adapté à la lutherie, sauf bien sur pour les touches.

      Sinon je retiens tes idées pour les marches !