Voici mon installation, pour situer le contexte, je demeure en Guyane ce qui pose quelques problèmes logistiques certes, mais bon au moins j’ai chaud pendant que vous vous caillez les miches.
Donc procédons !
Voici la théorie : un micro de série sonne très froid, n’a pas ou peu de chaleur, mais peu avoir beaucoup de dynamique. C’est normal, une machine va beaucoup mieux serrer le fil contre la bobine que l’homme. En effet si les fils sont parfaitement emboités et serrés les uns contre les autres, le son va être froid, probablement du à la conductance. Bon les théories sont à vérifier via des pros, mais c’est en gros ce que j’ai retenu. Pour créer de la chaleur, il faut avoir plus d’espace entre les fils, donc un bobinage moins serré, avec des défauts qui vont créer des superpositions foireuses de fils, ce qui va les éloigner les uns des autres donc. Donc pour créer de la dynamique faut serrer fort, pour créer de la chaleur faut faire des oscillations marqués qui vont aérer le son d’une certaine manière. Le tout est de ne pas être trop relâché pour tout faire rentrer dans la bobine et ne pas déborder, ce qui va m’arriver au premier micro.
Pour mon premier micro, je veux tenter de faire un micro typé 50’. Cela se définis par un micro très brillant, peu puissant, peu de médium mais assez doux, des basses équilibrées. Objectif 8200 tours.
1ER MICRO
Pour installer le micro, rien de plus simple : du double face sur le support de gauche (pour bobiner dans le sens des aiguilles, ce qui est la norme).
Vu combien la mythologie guitaristique très forte, j’ai décidé d’imbiber la bobine de cuivre dans de la pisse de caïman noir, comme ça si mes micros deviennent un jour légendaires on va pouvoir sauver l’espèce.
Voili voilou…
Donc je bobine, je bobine, et là première gourdasse :
Et oui ça déborde, débobinage à la main, et on repart…
Puis nouvelle cata, fil pété. Vu l’instant calme et serein et ma pleine joie de vivre un moment extraordinaire comme celui là, je n’ai pensé prendre de photo.
Tentative de soudure pour réparer la bavure à l’arrache comme je sais bien le faire, mais peine perdue, le micro affichera à la fin une résistance infinie…. Gargl, on repart pour un nouveau micro.
2EME MICRO
Bon je repars en suivant le même schéma, je bobine, pas de galère, mesure au multimètre avant de souder les cables, résistance de 6,2K : YEAH ! J’installe les cables, un peu trop violemment peut-être, fougueux et débordant d’optimisme je pète le fil de masse, qui va se perdre au fin fond de la bobine. Là je déborde d’une joie contenue, et un hurlement primaire va déclencher quelques actions incontrôlées. Avec une précision et une finesse remarquable j’enfonce comme un bourrin une fine pince sur le bas de la bobine, et un miracle se produit : j’arrive à récupérer le fil !!! Mais vu la franchise de mes gestes délicats, je déclare forfait, à tort, car plus tard je vais refaire une soudure (pas propre du tout) sur ce petit rognon de fil, et là le micro affiche une résistance de 6,2K à nouveau… Y a des fois je ne comprends pas… Y a des mystères dans la vie qu’on ne maîtrise pas. Bref mais ça c’est plus tard, d’ailleurs je n’ai toujours pas testé ce micro, car entre temps il y a eu le :3EME MICRO
Aller, une journée de repos s’est écoulée entre temps, repartons sur des bases saines. Le bobinage impecc, pas de surprises (ouf), a noter une astuce tirée de ma dernière malheureuse expérience, j’ai fait passer le fils de masse entre deux aimants afin de diminuer la zone de risque pour ce fil.
Mauvaise idée, le fil passe au milieu de l’œillet, ce qui rend l’opération d’installation des câbles micros très… délicate. Ensuite je vais faire un compromis, je passe entre les deux aimants les plus éloignés pour garder un angle d’arrivée. Je ne sais pas si je vais continuer à le faire.
Bref troisième micro réussi ! Bravo amigo, y a plus qu’à tester !
Le voici installé sur une plaque généreusement prêtée par JP :
Au passage je découvre un effet de l’oxydation accélérée propre au climat humide d’ici, qui a eu raison de ma prise jack en 6 mois. Cette prise jack a 8 mois.
Ceci dit, frotté à la laine de fer et woualou elle est repartie pour quelques mois !
Aller, le test proprement dis, et là la claque ! Wouah il sonne terrible ! Exactement dans l’esprit 50’, brillant, mais avec un côté assez moelleux en plus, si je compare au True Vintage de la gamme Van Zandt que j’ai longuement testé. Par rapport aux GNB d’usine, pas photo, ils sont beaucoup plus musicaux, plus vivants, c’est épatant. Pourtant j’avais placé les GNB au niveau de Fender…
Bref j’ai pas résisté à le monter en neck de ma plaque chérie Van Zandt, avec donc en comparaison un Blues en chevalet, et un vintage plus en milieu. Je ne peux pas trop commenter, car les caractères sont beaucoup trop différents entre les différents micros. Le blues excelle en saturation et est assez rond en clairs, le Vintage plus est très doux, très fin.
Donc un peu frustré de ne pouvoir comparer en condition réelles ce micro face au grand fabriquant américain. Je note quand même un poil moins de moelleux, un peu plus réactif/agressif. N’oublions pas non plus l’absence de waxpottage. D’ailleurs un phénomène intéressant : à cause de l’absence de waxpottage, tout choc contre la plaque se transmet dans le micro. Je tapote la plaque, ça s’entends dans l‘ampli (juste sur ce micro, hein). Egalement, le waxpottage a tendance à fermer un peu le micro, réduire la brillance. Chose à démontrer, ce sont des descriptions que j’ai ouïe dire. Je vérifierai ça une prochaine fois, je n’ai pas encore le matos pour faire ça.
Donc mon choix suivant est de bobiner un micro beaucoup plus chaud, typé blues en fait.



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